On met en vente un meuble sur Leboncoin, un acheteur se montre pressé, propose de payer via un lien ou demande à sortir de la messagerie de la plateforme. Quelques heures plus tard, l’argent n’arrive pas, ou pire, des données bancaires ont été saisies sur une page frauduleuse. Face à une arnaque sur Bon Coin, la rapidité de réaction détermine souvent si l’argent peut être récupéré ou non.
Premiers réflexes dans l’heure qui suit l’arnaque Leboncoin
Quand on réalise que la transaction est frauduleuse, la priorité n’est pas de chercher un formulaire de contact. Le premier geste concret, c’est de contacter sa banque. Si un paiement par carte a été effectué sur un faux site, la banque peut tenter une procédure de chargeback (rétrofacturation) à condition d’être prévenue rapidement.
Si des identifiants bancaires ont été communiqués via un lien de phishing, faire opposition immédiatement sur la carte limite les dégâts. On note l’heure exacte de la transaction, le montant, et on conserve le relevé bancaire correspondant.
En parallèle, on change les mots de passe de son compte Leboncoin et de sa messagerie email si le même mot de passe était utilisé. L’arnaqueur qui a récupéré des identifiants peut tenter de réutiliser les accès sur d’autres services.
Constituer un dossier de preuves avant de signaler
Beaucoup de victimes signalent l’annonce sur Leboncoin puis attendent. Le signalement seul ne suffit pas à récupérer de l’argent. Ce qui fait avancer un dossier, que ce soit auprès de la banque ou de la justice, c’est un ensemble de preuves organisé.

Les éléments à rassembler avant toute démarche :
- Captures d’écran de l’annonce frauduleuse, de la conversation dans la messagerie Leboncoin et de tout échange par SMS ou email avec l’arnaqueur
- Preuves de paiement (relevé bancaire, confirmation de virement, reçu PayPal ou autre) avec les dates et montants visibles
- URL du faux site de paiement si un lien a été envoyé, avec capture d’écran de la page
- Numéro de téléphone, adresse email ou tout identifiant utilisé par l’escroc
L’administration insiste sur ce point : un dossier probatoire complet augmente les chances de traitement par les autorités. Sans preuves tangibles, une plainte risque de rester sans suite.
Plainte et signalement en ligne : les bons canaux selon le type de fraude
On entend souvent « portez plainte », sans précision sur le canal adapté. Les autorités distinguent désormais plusieurs voies selon la nature de l’arnaque.
Plainte classique en commissariat ou gendarmerie
Pour une escroquerie avec préjudice financier direct (objet payé jamais reçu, faux acheteur qui a récupéré un bien sans payer), c’est la voie standard. On se déplace avec son dossier de preuves imprimé. Le dépôt de plainte est un acte formel qui déclenche une enquête et permet, si l’auteur est identifié, d’engager des poursuites.
Plateforme THÉSÉE pour les arnaques en ligne
Pour les fraudes commises exclusivement sur internet (phishing, faux sites de paiement, usurpation d’identité numérique), la plateforme THÉSÉE permet de déposer plainte en ligne. Ce dispositif traite spécifiquement les escroqueries sur internet et centralise les signalements, ce qui aide à recouper les plaintes visant un même réseau.
Signalement sur Leboncoin et auprès de Pharos
Signaler l’annonce sur Leboncoin permet à la plateforme de suspendre le compte frauduleux. Le signalement via Pharos (plateforme gouvernementale de signalement des contenus illicites) est complémentaire : il alerte les services spécialisés sur un contenu ou un comportement délictueux repéré en ligne.
Ces signalements ne remplacent pas la plainte. Ils servent à protéger d’autres utilisateurs et à alimenter les bases de données des enquêteurs.
Contester le paiement auprès de sa banque
La contestation bancaire est souvent le levier le plus concret pour récupérer son argent. Les retours varient selon les établissements et le mode de paiement utilisé, mais deux cas se présentent fréquemment.
Si on a payé par carte bancaire sur un faux site, la procédure de chargeback peut être lancée. On contacte sa banque en précisant qu’il s’agit d’une transaction frauduleuse suite à du phishing. La banque dispose de mécanismes de protection des consommateurs et peut, dans certains cas, rembourser la somme débitée.
Si on a effectué un virement bancaire classique, la récupération est plus difficile. Le virement est par nature irrévocable une fois exécuté. On peut toutefois demander un rappel de fonds si le virement est récent (quelques heures). Plus le temps passe, plus les chances diminuent.

Dans les deux cas, fournir à la banque le récépissé de plainte accélère le traitement. Sans ce document, certains établissements refusent d’ouvrir la procédure de contestation.
Reconnaître les arnaques actives sur Leboncoin en 2026
Les techniques évoluent, mais les schémas de base restent identifiables. L’arnaque par la messagerie sécurisée de Leboncoin reste active : un faux acheteur envoie un lien imitant la page de paiement de la plateforme pour récupérer les données bancaires du vendeur. Les vendeurs, et non plus seulement les acheteurs, sont désormais ciblés.
Autre variante signalée : le faux coursier. L’acheteur prétend envoyer un livreur récupérer l’objet et demande au vendeur de « confirmer la transaction » via un lien externe. Le vendeur saisit ses coordonnées bancaires en pensant valider la réception du paiement.
- Un acheteur qui propose de payer en dehors du système de paiement intégré de Leboncoin est suspect
- Un lien envoyé par SMS ou email qui redirige vers une page demandant des coordonnées bancaires est du phishing
- Un acheteur qui ne négocie pas le prix et se montre pressé de conclure cherche souvent à court-circuiter la vigilance du vendeur
Le réflexe le plus efficace reste de ne jamais saisir ses données bancaires via un lien reçu dans une conversation. Le paiement sécurisé de Leboncoin se gère uniquement depuis l’interface officielle de la plateforme.
Quand l’arnaque a eu lieu, chaque heure compte. Opposition bancaire, constitution du dossier de preuves, plainte via le bon canal : ces trois actions menées dans les premières 24 heures donnent les meilleures chances de limiter la perte financière. Attendre plusieurs jours avant d’agir réduit considérablement les possibilités de recours.

